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Partie 4 · fiche 2 sur 8 Niveau : Intermédiaire Durée de lecture : 14 min

Les agents au service d'un projet

Concrètement, à quoi sert un agent dans un vrai projet ? Revue de code, recherche, exécution en parallèle, tâches qui tournent toutes seules. Les patterns qui changent votre façon de bosser.

Sur cette fiche
  1. 01Quatre façons de vous en servir au quotidien
  2. 02Le multi-agent : découper pour mieux régner
  3. 03Les agents qui tournent tout seuls
  4. 04Comment bien s’en servir
  5. 05Questions fréquentes

En bref

Dans un vrai projet, un agent de code tient quatre rôles : il implémente une fonctionnalité, relit un diff (Claude Code fournit d'origine /review et /security-review), fouille une codebase pour en ramener la réponse, et applique des changements répétitifs partout. Sur un gros chantier, un orchestrateur répartit le travail entre des sous-agents parallèles, au prix d'une facture plus lourde. Dans tous les cas : tâche bornée, contexte écrit dans un fichier mémoire, autonomie réglée selon l'enjeu, et relecture systématique du résultat.

À faire avant : Mettre en place vos agents

Vous savez ce qu’est un agent et comment il boucle. Mais tant qu’on en reste à « il m’a écrit une fonction », on passe à côté de l’essentiel. Le vrai déclic, c’est le jour où vous arrêtez de voir l’agent comme un autocomplete++ et où vous commencez à le voir comme un coéquipier que vous pointez sur une tâche bornée. Là, ce n’est plus un gadget : ça change votre façon de bosser. Et toute la valeur tient dans quelques patterns : des manières de vous en servir qu’on va dérouler une par une.

Quatre façons de vous en servir au quotidien

Un agent n’est pas une chose. C’est un rôle que vous lui assignez. Selon ce que vous lui demandez, le même outil devient quatre coéquipiers différents.

L’exécutant

Le pain quotidien. Vous décrivez une fonctionnalité en français, « ajoute un endpoint qui renvoie les 10 derniers articles, avec pagination et un test », et l’agent l’implémente : il lit le code existant pour s’aligner sur vos conventions, écrit la fonction, écrit le test, le lance, corrige si ça casse. Vous, vous relisez le diff. Vous êtes passé de « celui qui tape » à « celui qui valide ». C’est 80 % de votre usage, et c’est déjà énorme.

Le relecteur

Celui-là, on l’oublie trop souvent. Au lieu de demander à l’agent d’écrire, vous lui demandez de relire : il prend votre diff et le passe au peigne fin, bugs logiques, secret oublié dans un commit, régression silencieuse, cas limite pas géré. C’est un second regard infatigable, qui ne se lasse jamais à 18 h un vendredi. Claude Code le fournit d’origine, sans rien installer : /review (un alias de /code-review) relit le diff en cours à la recherche de bugs, et /security-review passe les changements de votre branche au crible des failles de sécurité, injections, authentification, fuite de données. On détaille la méthode dans Relire, auditer, sécuriser. Un relecteur dédié attrape ce que votre œil, fatigué d’avoir écrit le code, ne voit plus.

Le chercheur

« Où est gérée l’authentification dans ce projet ? » « Comment cette lib fait son cache, en vrai ? » Plutôt que d’ouvrir 40 fichiers à la main, vous envoyez un agent fouiller, votre codebase, la doc, le web, et il vous ramène la réponse, débarrassée de la pile de fichiers. C’est un explorateur qui lit vite, retient l’essentiel, et vous le résume. Vous gardez votre concentration pour décider, lui fait le travail de fourmi.

Le metteur au propre

Renommer une variable dans 60 fichiers. Migrer d’une vieille API vers la nouvelle partout. Mettre à jour les dépendances et réparer ce qui casse. Ces tâches sont répétitives, mécaniques, assommantes pour un humain, et parfaites pour un agent qui ne se lasse pas et ne saute pas une ligne par distraction. Vous décrivez la transformation une fois, il l’applique partout, méthodiquement.

Le multi-agent : découper pour mieux régner

Pour un petit boulot, un seul agent suffit largement. Mais sur un gros chantier, auditer toute une codebase, mener une migration de fond, un seul agent finit par s’étouffer : son contexte se remplit de mille détails, il perd le fil, il confond les fichiers. La parade, c’est l’orchestration. Un agent chef de file découpe le travail, délègue des bouts à plusieurs sous-agents qui bossent en parallèle, chacun avec son propre contexte propre, puis il rassemble leurs retours et fait la synthèse.

Chef de file Agent orchestrateur découpe la tâche, répartit, synthétise
délègue en parallèle
  • Sous-agent 1 · son propre contexte Recherche lit la doc, le web
  • Sous-agent 2 · son propre contexte Code écrit la fonctionnalité
  • Sous-agent 3 · son propre contexte Relecture cherche les bugs
Chacun a son propre contexte : plus de travail abattu sans saturer une seule fenêtre.
Un orchestrateur découpe le chantier et délègue à une flotte de sous-agents, recherche, code, relecture, qui travaillent en parallèle, chacun avec son contexte propre. L'orchestrateur synthétise les retours.

Pourquoi c’est mieux qu’un seul gros agent ? Trois raisons concrètes :

  • Contexte propre par tâche. Le sous-agent qui cherche où est l’auth n’a pas besoin de savoir comment se fait le rendu. Chacun garde une tête claire, focalisée sur son bout. Pas de pollution, pas de confusion.
  • Parallélisme. Trois sous-agents qui fouillent trois coins du code en même temps, c’est trois fois plus rapide qu’un seul qui fait la queue. Sur un audit, ça compte.
  • Croisement de regards. Un sous-agent qui vérifie le travail d’un autre, c’est moins d’erreurs. Le code passe par une tête, la relecture par une autre, exactement comme une vraie équipe où personne ne valide son propre boulot.

C’est précisément comme ça qu’un workflow (ou une « flotte ») d’agents attaque un audit de sécurité ou une grosse migration : un orchestrateur, des spécialistes, une synthèse. Claude Code en fournit un patron tout fait : /batch suivi d’une consigne étudie la codebase, découpe le changement en unités indépendantes, vous présente le plan, puis lance un sous-agent par unité, chacun dans sa propre copie de travail git (un worktree).

Les agents qui tournent tout seuls

Jusqu’ici, vous lancez l’agent et vous attendez. Mais un agent peut aussi tourner en tâche de fond ou sur un planning, sans que vous soyez devant. Une revue automatique des PR chaque matin avant que vous arriviez. Une veille techno qui vous résume les nouveautés du jour. Un monitoring qui surveille un service et vous ping si ça déraille. C’est là que la mini-machine prend tout son sens : un petit PC qui ne dort jamais, avec un agent qui bosse pendant que vous, vous vivez votre vie. On creuse tout ça dans la fiche suivante, pour l’instant, retenez juste que c’est possible.

Comment bien s’en servir

Les patterns, c’est le quoi. Voici le comment, cinq réflexes qui font la différence entre un agent qui vous aide et un agent qui vous fait perdre votre temps.

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  1. Bornez la tâche

    Un agent brille sur le précis et patine sur le flou. « Refais le frontend » le fait tourner en rond ; « ajoute un bouton de tri sur la colonne date, comme celui de la colonne nom » le met sur des rails. Plus votre demande est cadrée, plus le résultat est bon. C’est tout l’objet de Cadrer une tâche avec un LLM.

  2. Donnez-lui le contexte

    L’agent ne connaît pas votre projet par cœur. Donnez-lui les conventions, les pièges, les choix d’archi, une bonne fois, dans un fichier mémoire qu’il relit à chaque session. Voir Les fichiers mémoire. Un agent bien briefé fait en un coup ce qu’un agent à l’aveugle rate trois fois.

  3. Choisissez le bon niveau d'autonomie

    Tâche sensible ou tête de mât d’une session ? Vous validez chaque geste. Refactor réversible couvert par des tests ? Vous le laissez filer et vous relisez à la fin. L’autonomie se règle comme un curseur, cran par cran, selon l’enjeu.

  4. Relisez le résultat. Toujours.

    Même quand c’est vert, même quand ça compile. L’agent peut avoir « réussi » la tâche en prenant un raccourci que vous n’auriez pas pris, ou en cassant un truc ailleurs. Vous restez le dernier filtre. C’est votre nom sur le commit.

  5. Capitalisez

    Ce qui marche une fois et que vous allez refaire dix fois, un check qualité, une procédure de déploiement, un format de relecture, transformez-le en skill. Vous codifiez le savoir-faire une bonne fois, et tous vos prochains agents en profitent. Voir Les skills.

Questions fréquentes

Quand faut-il lancer plusieurs sous-agents plutôt qu'un seul agent ?

Sur les gros chantiers, comme l'audit de toute une codebase ou la migration d'un repo entier. Un agent seul finit alors par saturer son contexte de détails, perd le fil et confond les fichiers. Pour un petit travail comme corriger un bug, un seul agent reste le bon choix : chaque sous-agent consomme ses propres tokens, et une flotte de cinq agents coûte cinq fois plus.

Que fait la commande /batch de Claude Code ?

Suivie d'une consigne, elle étudie la codebase, découpe le changement en unités indépendantes et vous présente le plan. Elle lance ensuite un sous-agent par unité, chacun dans sa propre copie de travail git, un worktree. C'est un patron tout fait pour répartir un gros changement entre plusieurs agents qui travaillent en parallèle.

Pourquoi répartir le travail entre plusieurs agents donne-t-il de meilleurs résultats ?

Chaque sous-agent garde un contexte propre, centré sur son bout de tâche, sans se laisser polluer par le reste. Plusieurs sous-agents qui fouillent des coins différents du code en même temps vont plus vite qu'un seul qui les enchaîne. Et quand l'un vérifie le travail d'un autre, les erreurs diminuent, comme dans une équipe où personne ne valide son propre travail.

Un agent peut-il travailler sans que je sois devant l'écran ?

Oui. Un agent peut tourner en tâche de fond ou sur un planning : une revue automatique des pull requests chaque matin, une veille techno qui résume les nouveautés du jour, un monitoring qui vous prévient quand un service déraille. Une machine qui reste allumée jour et nuit, comme un mini-PC, est l'hôte idéal pour ce travail.

Comment transformer une procédure que l'on répète en réflexe pour l'agent ?

Codifiez-la en skill. Un check qualité, une procédure de déploiement ou un format de relecture que vous refaites dix fois s'écrit une bonne fois sous cette forme. Tous vos prochains agents profitent ensuite de ce savoir-faire sans que vous ayez à le réexpliquer.

Les termes de cette fiche : AgentCommitClaude CodeAPIOrchestrateurSous-agentGit

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