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Partie 5 · fiche 3 sur 5 Niveau : Intermédiaire Durée de lecture : 12 min

Les skills : automatiser vos workflows

Quand vous vous surprenez à répéter les mêmes instructions à l'agent, transformez-les en skill réutilisable. Le pas qui fait passer d'« assistant » à « atelier ».

Sur cette fiche
  1. 01Pourquoi : la répétition est un signal
  2. 02Comment ça marche, concrètement
  3. 03Un exemple : la commande /review
  4. 04La marche à suivre
  5. 05La vue d’ensemble : votre atelier qui se compose
  6. 06Questions fréquentes

En bref

Un skill est un paquet d'instructions réutilisable que l'agent déclenche par une commande slash, ou charge tout seul quand la tâche s'y prête : un dossier qui contient un fichier SKILL.md (un nom, une description, puis les consignes). C'est aujourd'hui le mécanisme principal de Claude Code comme de Codex, qui l'ont substitué à leurs anciennes commandes personnalisées, et un format ouvert, Agent Skills, que lisent aussi OpenCode, Cursor ou Gemini CLI. Créez-en un dès que vous retapez deux fois la même consigne, et gardez sous déclenchement manuel ceux qui déploient ou suppriment.

À faire avant : Les fichiers mémoire (CLAUDE.md & co)

Vous allez vite reconnaître le symptôme. Pour la troisième fois cette semaine, vous tapez la même demande à rallonge : « relis mon diff, cherche les bugs et les fuites de secret, liste-moi les problèmes par fichier, mais ne corrige rien sans mon accord. » Mot pour mot, à chaque fois. C’est précisément le moment où il faut capturer cette demande une bonne fois, et la rappeler d’une seule commande.

C’est ça, un skill : un paquet d’instructions réutilisable que l’agent déclenche à la demande, souvent via une commande slash. Là où le fichier mémoire est du contexte passif que l’agent lit toujours, un skill est une capacité active que vous invoquez quand vous en avez besoin. Imaginez /relecture (relis mon diff), /ship (lance les tests, bump la version, commit, ouvre la PR), /deploy. Un nom, et le workflow entier se déroule.

Pourquoi : la répétition est un signal

Le déclencheur d’un skill, c’est toujours le même : vous vous surprenez à retaper une instruction multi-étapes. « Lance les tests, et si c’est vert, commit avec un message conventionnel, puis pousse… » Si vous l’avez écrit deux fois, vous l’écrirez vingt fois.

Capturez-le une fois, et vous gagnez trois choses d’un coup :

  • Une commande au lieu d’un paragraphe. Vous tapez /relecture, point.
  • De la constance. Le workflow tourne pareil à chaque fois, vous n’oubliez plus l’étape « vérifier les secrets » parce que vous étiez pressé.
  • Du partage. Le skill vit dans le dépôt : vos coéquipiers (et leurs agents) l’utilisent tel quel.

Comment ça marche, concrètement

Le principe est désormais le même partout : un skill est un dossier qui contient un fichier SKILL.md. En tête, un petit en-tête YAML donne son nom et une description ; en dessous, vos instructions en markdown. Le dossier peut aussi embarquer des scripts, des modèles ou de la documentation que l’agent consultera au besoin.

La description compte plus qu’elle n’en a l’air : au démarrage, l’agent ne lit que les noms et les descriptions de tous vos skills, puis charge le contenu complet de celui qui correspond à la tâche. Vous pouvez donc en avoir beaucoup sans encombrer son contexte.

Dans Claude Code, les skills sont devenus le mécanisme principal. Le nom du dossier devient la commande : deploy/SKILL.md donne /deploy.

.claude/skills/<nom>/SKILL.md    # skills du projet (partagés via le dépôt)
~/.claude/skills/<nom>/SKILL.md  # skills globaux (tous vos projets)

Vous le déclenchez vous-même par /nom, ou Claude le charge seul quand votre demande correspond à sa description. /skills liste ceux qui sont disponibles.

Les anciennes commandes personnalisées (.claude/commands/deploy.md) ont été fusionnées dans les skills : elles marchent toujours et créent elles aussi /deploy, mais pour tout nouveau workflow, partez sur un skill. Le détail des champs est dans la doc des skills.

Un exemple : la commande /review

Reprenons la demande du début, votre revue à vous. Attention au nom : Claude Code fournit déjà un /review d’origine (alias de /code-review, voir Relire, auditer, sécuriser). Appelez donc la version maison autrement, relecture par exemple (Codex a lui aussi un /review d’origine), et posez-la une fois dans .claude/skills/relecture/SKILL.md, ou dans .agents/skills/relecture/SKILL.md pour Codex et OpenCode :

---
name: relecture
description: Relit le diff courant et liste les problèmes sans rien corriger. À utiliser quand je demande une relecture avant un merge.
---

Relis le diff courant contre la branche de base.

Cherche :
- les bugs et les régressions évidentes,
- les fuites de secret (clé API, mot de passe, token en clair),
- les requêtes SQL non échappées ou autres injections,
- les `console.log` et autres oublis de debug.

Liste les problèmes regroupés par `fichier:ligne`, du plus grave au plus
bénin. Sois concret : pour chaque point, dis pourquoi c'est un problème.

Ne corrige rien sans mon accord. Termine par un verdict : prêt à merger, ou pas.

À partir de là, /relecture (ou $relecture dans Codex) relance ce protocole exact à chaque fois. Plus de paragraphe à retaper, plus d’étape oubliée.

La marche à suivre

0 étape sur 4 faite Vos cases cochées restent dans ce navigateur.

  1. Repérez la répétition

    Le réflexe : dès que vous vous dites « tiens, j’ai déjà tapé ça », arrêtez-vous. C’est votre candidat skill. Ne le créez pas par anticipation, attendez que le besoin se montre deux fois.

  2. Écrivez l'instruction une fois

    Créez le dossier du skill et son SKILL.md au bon endroit (.claude/skills/deploy/SKILL.md → /deploy). Soignez la description, c’est elle qui dit à l’agent quand s’en servir. Rédigez les instructions comme vous les diriez à l’agent : claire, ordonnée, avec les garde-fous (« ne corrige rien sans mon accord »).

  3. Invoquez-le par son nom

    Dans l’agent, tapez /relecture (dans Codex, $relecture). Le skill se déroule. Vous venez de transformer un paragraphe en un mot.

  4. Affinez-le dans le temps

    Au fil des usages, vous verrez ce qui manque ou ce qui déborde. Ajoutez un critère, resserrez une consigne. Le skill mûrit comme la mémoire : avec le frottement réel.

La vue d’ensemble : votre atelier qui se compose

Posez-vous et regardez ce que vous avez construit au fil de ces trois fiches :

  • La mémoire (fichiers mémoire), ce que l’agent sait en permanence.
  • Les skills : ce qu’il sait faire sur commande.
  • Le cadrage (cadrer avec un LLM), la qualité de ce que vous lui demandez au départ.

Mis bout à bout, ça devient un atelier personnel qui se compose. Chaque projet enrichit votre mémoire globale, vous laisse un ou deux skills réutilisables, affine vos patrons de cadrage. Le dixième projet démarre sur les épaules des neuf premiers. C’est tout l’intérêt : vous n’automatisez pas une tâche, vous vous construisez un environnement qui vous rend chaque fois un peu plus rapide.

Questions fréquentes

Quelle différence entre un skill et le fichier mémoire ?

Le fichier mémoire est du contexte passif : l'agent le lit à chaque session, il dit ce que l'agent sait en permanence. Un skill est une capacité active, qui ne se réveille que lorsque vous l'appelez ou que la tâche s'y prête : il dit ce que l'agent fait sur demande. Les deux ensemble forment votre atelier.

Avoir beaucoup de skills encombre-t-il le contexte de l'agent ?

Non. Au démarrage, l'agent ne lit que le nom et la description de chaque skill, puis charge le contenu complet seulement pour celui qui correspond à la tâche. C'est pour cela que la description compte autant : c'est elle qui dit à l'agent quand s'en servir.

Où ranger un skill pour qu'il serve dans tous mes projets ?

Dans le dossier global de votre agent, avec un sous-dossier par skill qui contient son SKILL.md : ~/.claude/skills/ pour Claude Code, ~/.agents/skills/ pour Codex, ~/.config/opencode/skills/ pour OpenCode. Un skill rangé dans le dépôt du projet se partage au contraire avec vos coéquipiers et leurs agents.

Comment empêcher l'agent de lancer tout seul un skill qui déploie ou supprime ?

Dans Claude Code, ajoutez la ligne disable-model-invocation: true dans l'en-tête du SKILL.md : seul votre appel explicite le déclenche alors. Dans Codex, l'équivalent se pose dans un fichier agents/openai.yaml à côté du SKILL.md, avec allow_implicit_invocation: false sous policy:. Un skill qui lance des commandes a le même pouvoir de nuisance qu'une commande tapée à la main.

Puis-je appeler mon skill de relecture /review ?

Mieux vaut l'éviter : Claude Code fournit déjà un /review d'origine, alias de /code-review, et Codex en a un aussi. Donnez à votre version un autre nom, relecture par exemple. Vous l'appelez ensuite avec /relecture dans Claude Code, ou avec $relecture dans Codex.

Les termes de cette fiche : SkillAgentCommitMarkdownClaude CodeCodexOpenCode

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