Mettre en place vos agents
Donner plus d'outils à votre agent, le connecter à vos données, déléguer à des sous-agents, et border ses permissions. Comment passer d'un agent par défaut à un agent taillé pour vous.
Sur cette fiche
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En bref
Pour adapter un agent de code à vos besoins, on joue sur quatre leviers : des serveurs MCP qui lui ajoutent des outils (GitHub, bases de données, navigateur), des sous-agents qui prennent en charge les recherches et les tâches parallèles, des permissions qui fixent ce qu'il peut faire sans demander, et des fichiers mémoire qui lui rappellent vos règles à chaque session. Commencez en lecture seule, avec le moins d'outils possible, et testez sur une petite tâche avant tout usage sérieux.
À faire avant : C'est quoi un agent IA ?Installer l'agent (très tôt)
Vous savez maintenant ce qu’est un agent : un modèle, des outils, et une boucle qui le fait recommencer jusqu’au but. Avec Claude Code, Codex ou OpenCode fraîchement installés, vous avez déjà un agent parfaitement fonctionnel, système de fichiers, terminal, git, recherche. Mais c’est l’agent par défaut, celui de tout le monde. Cette fiche, c’est le passage à votre agent : on enrichit ses outils, on le branche à vos données, et on borde son comportement pour qu’il bosse comme vous voulez.
Donner plus d’outils via MCP
Le levier le plus puissant s’appelle MCP : Model Context Protocol. C’est un standard ouvert, devenu la prise universelle entre un agent et le reste du monde. L’idée : au lieu de coder une intégration sur mesure pour chaque service, vous ajoutez un petit programme, un serveur MCP, et l’agent gagne d’un coup une poignée de nouvelles actions.
Le concept est plus parlant en exemples. Connectez votre agent à Postgres, et il peut interroger votre base directement : « combien de commandes hier ? », il écrit la requête et vous répond. Connectez-le à GitHub, et il gère vos issues et vos pull requests sans quitter le terminal. Branchez un serveur de recherche web, un accès à votre système de fichiers, votre outil de tickets, votre propre service maison : chaque serveur MCP, c’est une rallonge de bras pour l’agent.
Claude Code, Codex et OpenCode supportent tous les trois MCP. Concrètement, vous déclarez un serveur dans la config de votre agent (un nom, une commande à lancer, parfois une clé d’API), vous redémarrez, et les nouveaux outils apparaissent. Les serveurs courants, filesystem, GitHub, Postgres, Slack, sont déjà tout faits ; vous n’écrivez rien, vous pointez vers eux.
Ce qu’on branche vraiment
La liste des serveurs disponibles s’allonge chaque mois. Les plus utiles au quotidien :
| Serveur | Ce que l’agent peut faire |
|---|---|
| Meta Ads | Lire les dépenses d’une campagne, l’état de relecture des pubs, mettre en pause ou relancer |
| GitHub | Ouvrir et commenter des issues, lire une pull request, suivre les actions |
| Postgres, SQLite | Interroger vos bases en langage naturel, sans écrire le SQL vous-même |
| Un navigateur (Playwright, Puppeteer) | Ouvrir une page, cliquer, remplir un formulaire, capturer l’écran |
| Slack, Telegram | Lire un fil, poster un message, vous alerter |
| Le système de fichiers | Lire et écrire dans un répertoire précis que vous désignez |
Le serveur Meta est un bon cas d’école, parce qu’il montre l’intérêt et le danger dans le même geste. Un agent qui le consulte repère en trois secondes qu’une campagne est en pause depuis deux jours, ce qu’un humain ne voit qu’en ouvrant le gestionnaire de publicités et en cherchant au bon endroit. Le même agent peut relancer cette campagne, donc dépenser votre argent.
Claude Design : quand la sortie n’est pas du texte
Un agent produit du code, des fichiers, des messages. Il sait aussi produire du visuel.
Claude Design est l’outil de maquette d’Anthropic, en bêta sur les offres Pro, Max, Team et Enterprise. Il vit sur claude.ai/design, et Claude Code y accède directement : la commande /design suivie d’une consigne (« /design un écran de réglages pour une appli bancaire ») fait dessiner l’agent sur un canevas, plusieurs planches posées côte à côte. Vous ouvrez le résultat dans un navigateur, vous sélectionnez un élément, vous le modifiez, et vos retouches s’enregistrent toutes seules. Chaque planche s’exporte en PNG ou en PDF.
L’intérêt tient dans ce basculement. Corriger un détail visuel produit par un agent voulait dire reformuler la demande et espérer que le reste ne bouge pas. Là, vous ajustez directement ce qui vous dérange. Le chemin marche aussi dans l’autre sens : une maquette finie dans Claude Design s’envoie à Claude Code pour être développée, et /design-sync téléverse le système de composants React de votre dépôt pour que les maquettes utilisent vos vrais composants.
C’est utile pour des maquettes d’interface, des enchaînements d’écrans, une page d’accueil, des visuels de réseaux sociaux, une affiche. Gardez en tête que c’est une bêta : l’outil évolue vite, et /design demande une version récente de Claude Code.
Les sous-agents : déléguer pour rester propre
Un agent peut faire appel à des sous-agents : des agents auxiliaires qu’il lance lui-même, chacun avec son propre contexte tout neuf et une mission précise. Un sous-agent qui part fouiller la codebase pendant que le principal continue. Un sous-agent « relecteur » dédié à la revue de code. Un sous-agent qui teste une hypothèse en parallèle.
Pourquoi ça compte ? Pour deux raisons très concrètes. D’abord, ça garde le contexte principal propre : la recherche tous azimuts dans cinquante fichiers se fait dans la tête du sous-agent, qui ne vous remonte que la conclusion. Le fil principal ne se noie pas sous les détails. Ensuite, ça parallélise : trois sous-agents qui bossent en même temps sur trois bouts indépendants, c’est trois fois plus rapide.
Claude Code formalise ça avec des sous-agents et des types d’agents personnalisés (un agent « explorateur », un agent « architecte »…), chacun avec ses propres outils et ses propres consignes, rangés dans .claude/agents/ (projet) ou ~/.claude/agents/ (global). Le plus simple pour en créer un : le décrire à Claude, qui écrit le fichier. Codex a le même principe : il lance des sous-agents (la commande /agent permet de passer de l’un à l’autre), et vos agents personnalisés sont de petits fichiers TOML rangés dans .codex/agents/ (projet) ou ~/.codex/agents/ (global). On verra les patrons concrets, quand déléguer, comment cadrer un sous-agent, dans la fiche suivante. Pour l’instant, retenez juste que la capacité existe : votre agent n’est pas seul, il peut monter une petite équipe.
Border les permissions
C’est le réglage le plus important de tous, et celui qu’on néglige le plus. Un agent agit, il peut donc casser. Border ses permissions, c’est décider quels outils et quelles commandes il a le droit de lancer librement, et lesquels exigent votre feu vert. C’est ici, très concrètement, que vous réglez le curseur d’autonomie dont on parlait dans la fiche précédente.
Les briques sont partout les mêmes :
- L’allowlist (liste blanche). Vous autorisez d’avance les gestes sans danger et réversibles : lire des fichiers, lancer les tests, faire un
git status. L’agent les enchaîne sans vous interrompre. - La règle « demande avant X ». Pour tout ce qui modifie ou détruit, supprimer, pousser sur une branche distante, toucher au réseau, installer un paquet, l’agent s’arrête et demande. C’est le réglage de tous les jours : fluide sur l’inoffensif, prudent sur le reste.
- Jamais root à l’aveugle. Ne laissez jamais un agent enchaîner des
sudosans relecture. Une commande privilégiée mal formée ne casse pas un projet, elle casse la machine. - Cantonnez le répertoire de travail. L’agent bosse dans le dossier de votre projet et nulle part ailleurs. Un agent qui ne peut écrire que sous
~/projets/mon-appne peut pas, même en se trompant, toucher ailleurs.
La config et la mémoire
Au démarrage, votre agent lit sa configuration et ses fichiers mémoire. C’est là que vivent les instructions permanentes : « ce projet utilise pnpm, pas npm », « écris les messages de commit en français », « ne touche jamais au dossier legacy/ ». Vous l’écrivez une fois, l’agent s’en souvient à chaque session, sans que vous ayez à le répéter. C’est ce qui transforme un agent générique en agent qui connaît votre projet et vos habitudes.
On ne détaille pas ici, la mémoire a sa propre fiche, complète, dans Fichiers mémoire. Retenez le rôle : la config définit ce que l’agent peut faire et avec quels outils, la mémoire définit ce qu’il sait en permanence sur votre monde.
Claude Code, Codex et OpenCode, côte à côte
Les trois agents partagent la même philosophie, avec chacun son écosystème. Et ils ne proposent pas les mêmes modèles : la page Outils de code de Quelle IA recense quels modèles on trouve dans quel outil (Claude Code, Codex, OpenCode, Cursor…), avec le score de chacun.
Claude Code arrive avec un écosystème riche et intégré : MCP de série, sous-agents et types d’agents personnalisés, hooks sur événements, skills (qui ont absorbé les commandes personnalisées) et plugins qui empaquettent le tout. Toute la config, serveurs MCP, permissions, agents, mémoire, vit dans le dossier .claude/ (au niveau du projet) ou ~/.claude/ (global, toutes vos sessions).
Pour le format exact de chaque fichier (déclaration MCP, définition d’un sous-agent, syntaxe des hooks), référez-vous à la doc officielle, liens dans Ressources. Elle bouge vite, mieux vaut la source.
OpenCode est open-source et multi-modèles (il marche aussi bien avec Anthropic, OpenRouter, ou votre Ollama local). Il supporte MCP lui aussi, et a sa propre config pour déclarer serveurs et permissions.
Le mécanisme exact (emplacement des fichiers, nom des champs, équivalents des sous-agents et hooks) évolue selon votre version. Plutôt que de risquer un exemple périmé, consultez la doc OpenCode, lien dans Ressources.
Codex, l’agent de code d’OpenAI, s’utilise avec votre compte ChatGPT et range toute sa config dans un fichier TOML : ~/.codex/config.toml (global), complété par .codex/config.toml dans un projet que vous avez marqué comme fiable. On y trouve les serveurs MCP, le bac à sable, la politique d’approbation, les hooks et les agents personnalisés. Les serveurs MCP s’ajoutent aussi en ligne de commande :
codex mcp add context7 -- npx -y @upstash/context7-mcp # un serveur MCP lancé en local
codex mcp list # ce qui est déclaré
Dans une session, /mcp montre les outils disponibles. Côté permissions, Codex combine deux réglages : le bac à sable (read-only, workspace-write ou danger-full-access) et la politique d’approbation (on-request ou never). Le réglage de tous les jours, c’est codex --sandbox workspace-write --ask-for-approval on-request : il travaille librement dans le dossier du projet et demande avant d’en sortir ou d’aller sur le réseau. La commande /permissions ajuste tout ça en cours de session.
Pour le format exact de chaque bloc, la doc de Codex fait foi.
La marche à suivre
Voici la check-list pour passer de l’agent par défaut à un agent taillé pour vous.
0 étape sur 5 faite Vos cases cochées restent dans ce navigateur.
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Décidez des outils dont il a besoin
Partez de la tâche à accomplir, la technique suivra. Vous voulez qu’il interroge votre base ? Qu’il gère vos issues GitHub ? Qu’il cherche sur le web ? Listez les capacités manquantes, c’est elles qui dictent la suite. Inutile de tout brancher « au cas où » : chaque outil ajouté, c’est une porte de plus à surveiller.
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Branchez un serveur MCP si utile
Pour chaque capacité repérée, voyez s’il existe un serveur MCP tout fait (filesystem, GitHub, Postgres, Slack… il y en a des dizaines). Déclarez-le dans la config de votre agent en suivant le format à jour de sa doc, redémarrez, et vérifiez que les nouveaux outils apparaissent.
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Réglez les permissions et l'allowlist
Avant tout usage sérieux : décidez ce qui passe sans demander (lectures, tests) et ce qui exige votre accord (suppression, push, réseau, sudo). Cantonnez le répertoire de travail. En cas de doute, resserrez, vous desserrerez plus tard. Le détail est dans Sécuriser les accès.
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Posez la mémoire et les règles
Écrivez les consignes permanentes dans le fichier mémoire : conventions du projet, outils à privilégier, zones interdites. C’est ce qui évite de répéter les mêmes choses à chaque session. Voir Fichiers mémoire.
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Testez sur une petite tâche
Ne lancez pas votre agent fraîchement configuré sur le gros morceau. Donnez-lui d’abord une tâche minuscule qui exerce les nouveaux outils, « liste-moi les 5 dernières issues », « combien de lignes dans la table users ». Vous vérifiez que tout est branché, que les permissions se déclenchent comme prévu, et vous corrigez à froid.
Vous avez maintenant un agent qui vous ressemble : les bons outils, les bonnes données, les bonnes limites. Reste à apprendre à le faire vivre dans un vrai projet : où poser les fichiers, comment l’équipe partage la config, quels patrons de sous-agents fonctionnent au quotidien.
Toutes les commandes de cette fiche
Questions fréquentes
Claude Code, Codex et OpenCode savent-ils tous utiliser MCP ?
Oui, les trois supportent MCP. Vous déclarez le serveur dans la configuration de votre agent (un nom, une commande à lancer, parfois une clé d'API), vous redémarrez, et les nouveaux outils apparaissent. Les serveurs courants comme filesystem, GitHub, Postgres ou Slack sont déjà tout faits. La syntaxe exacte change selon l'agent et la version : prenez-la dans la doc à jour de votre agent.
Brancher un serveur MCP sur un vrai compte présente-t-il un risque ?
Oui : l'agent reçoit les mêmes pouvoirs que la clé qu'on lui donne. Une clé Meta lui permet de créer des annonces ou de changer des budgets, une clé GitHub de pousser du code. Utilisez un compte de service dédié, au périmètre le plus étroit possible, et gardez la validation manuelle sur tout ce qui coûte de l'argent ou se voit publiquement.
Où ranger les sous-agents personnalisés de Claude Code et de Codex ?
Pour Claude Code, dans .claude/agents/ au niveau du projet ou dans ~/.claude/agents/ pour toutes vos sessions ; le plus simple est de décrire l'agent voulu à Claude, qui écrit le fichier. Pour Codex, ce sont de petits fichiers TOML rangés dans .codex/agents/ ou ~/.codex/agents/, et la commande /agent permet de passer d'un sous-agent à l'autre.
Quel réglage de permissions utiliser au quotidien avec Codex ?
Codex combine un bac à sable (read-only, workspace-write ou danger-full-access) et une politique d'approbation (on-request ou never). Le réglage de tous les jours est codex --sandbox workspace-write --ask-for-approval on-request : il travaille librement dans le dossier du projet et demande avant d'en sortir ou d'aller sur le réseau. La commande /permissions ajuste tout ça en cours de session.
À quoi servent les hooks d'un agent de code ?
Les hooks branchent vos propres scripts sur des événements de l'agent : lancer le linter après chaque fichier modifié, jouer un son quand une tâche finit, refuser un commit qui contient un secret. C'est le harnais qui les déclenche, sans dépendre du bon vouloir du modèle, ce qui les rend fiables. Le format exact se trouve dans la doc de votre agent.
Les termes de cette fiche : AgentClaude CodeCodexOpenCodeGitMCPAPISous-agentFichier mémoireCommit
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